Visite d’État au Canada

Visite d’État au Canada

Notre président, Pascal Henrard, a publié ce texte dans le Huffington Post sur la visite d’État belge au Canada. L’occasion de rappeler les liens entre la Belgique et le Canada et la mission du Cercle d’Affaires Belgique-Québec.

 

Les Belges et les Canadiens: plus qu’un amour commun de la bière

 

Ça faisait plus de quarante ans qu’un souverain belge avait été accueilli en grande pompe au Canada. La dernière fois, c’était en 1977. À l’époque, Leurs Majestés le Roi Baudouin et la Reine Fabiola avaient été accueillis par Pierre-Elliot Trudeau, père de l’actuel chef de gouvernement. Cette fois, c’est le neveu de Baudoin, le Roi Philippe et son épouse, la Reine Mathilde, qui viennent à l’invitation de la gouverneure générale Julie Payette. Mais pourquoi une visite d’État?

Le couple royal belge qui arrive à Ottawa est accompagné de sept ministres, dont le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders et le secrétaire d’État au Commerce extérieur, Pieter De Crem. Une délégation de gens d’affaires, chefs d’entreprise et responsables du monde académique sont également du voyage.

 

Commémorations

Le choix de 2018 n’a rien d’anecdotique. Il y a 100 ans s’achevait la Première Guerre mondiale. Les Belges et les Canadiens s’y sont côtoyés et les premiers doivent une fière chandelle aux seconds qui les ont aidés à se libérer de l’occupant. Saviez-vous qu’un quart des soldats canadiens morts au cours de la Première Guerre mondiale ont perdu la vie en Belgique

 

Nombreux liens

Les liens belgo-canadiens, ou canado-belges, sont bien plus étroits qu’on le pense. Au début du XXe siècle, des milliers de Belges ont migré vers le Canada pour une vie meilleure. Selon le recensement de 2016, on compte 31 725 Canadiens qui se disent d’origine belge et 154 895 qui mentionnent être d’ascendance belge. En 2017, 505 Belges sont devenus résidents permanents au Canada, un chiffre en augmentation de plus de 10 % par rapport à 2016.

Au fil des années, de nombreux liens économiques, commerciaux et culturels se sont noués entre la Belgique et le Canada. Qu’on pense au rachat de la brasserie Labatt par Interbrew ou, plus récemment, celui de la Microbrasserie de l’Île d’Orléans par la Brasserie Haacht, aux diamants canadiens dont la majorité est mise sur le marché à Anvers ou à l’entreprise bien connue de frites surgelées McCain qui a repris il y a quelques années le producteur belge Lutosa. Dans le domaine culturel, on ne compte plus les liens entre les deux pays : les Québécofolies organisées par les Belges de Virago, les dizaines d’artistes belges qui se produisent chaque année au Québec et dont le Québec en Belgicolor se fait l’écho, le Belge Franco Dragone qui a collaboré pendant des années au Cirque du Soleil..,

 

Signatures d’accords

La visite des Souverains est l’occasion de signer des accords entre les universités et les instituts de recherche. Certains aimeraient aussi que ce soit le moment d’élargir les équivalences de diplômes. C’est aussi l’occasion de raffermir des accords de coopération entre les deux pays. Pas moins de 28 accords commerciaux seront en effet signés lors de la visite d’état.

Évidemment, l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne, connu aussi sous son acronyme anglophone CETA, sera de toutes les conversations. Implanté au Québec depuis plus de 10 ans, le Cercle d’Affaires Belgique-Québec (CABQ) est d’ailleurs très sensible au sujet dont il fait la promotion chaque fois qu’il en a l’occasion. Mais il y a encore beaucoup de travail à faire pour expliquer les tenants et aboutissants d’un tel accord.

Le Roi et la Reine des Belges seront à Montréal jeudi et vendredi. Ils visiteront entre autres le musée de Beaux-Arts de Montréal, les installations du constructeur aéronautique belge Sonaca, le Centre Canadien d’Architecture, l’Académie du Chocolat ainsi que le théâtre Rialto dans le Mile-End.

Pour revenir à la bière, espérons que les Souverains auront l’occasion d’en déguster des Québécoises. Parce qu’il y en a de plus en plus d’excellentes. Ma préférée, c’est la Mons, brassée en Abitibi.

Texte publié dans le Huffington Post.

Photo: AFP/GETTY IMAGES